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À LA RENCONTRE DE...

CORENTIN DURIX : FONDATEUR D'AMBITIONS RURALES


Il est optimiste, il voit les choses en grand et il s’en donne les moyens !

C’est l’impression qui nous a saisis lorsque nous avons rencontré Corentin Durix et qu’il nous a présenté Ambitions Rurales. Dans cet article aussi concis que précis, on décèle la tendresse qu’il a pour sa région, l’ambition d’améliorer les choses et des moyens pour le faire !

Nous partageons son amour pour la France rurale et sommes persuadés de l'intérêt des zones rurales, pour y valoriser et développer des initiatives sur une multitude de domaines (médical, industriel, culturel, etc.).

Avec l’APAR, nous avons choisi d’agir pour la culture et les arts, mais nous n’avons qu’une hâte : que d’autres endossent leurs habits de ré-enchanteurs de la France rurale en tous domaines !

En attendant, nous vous laissons déjà découvrir Corentin à travers ses propres mots...




Qu’est-ce qui fonde l’attraction d’un village ?

Son charme ? Un lien plus étroit avec la nature ? Le dépaysement qu’il procure ? Cette délicate impression de stabilité et d’immobilisme dans un monde constamment mouvant ? Le rapport au temps, plus lent, plus étiré, qui tranche radicalement avec les incitations incessantes des milieux urbains ?


La campagne, j’y suis né, j’y ai grandi, passé les 17 premières années de ma vie. Mon village c’est une aquarelle, où le vert puissant des prairies, tranche avec le blanc mat des vaches charollaises qui flânent dans des parcelles de quelques ares, au cœur de vallons quadrillés par un bocage vivant, candidat au patrimoine mondial de l’Unesco. Hormis les routes goudronnées, les pilonnes électriques et les haies un peu plus basses qu’auparavant depuis l’arrivée des broyeurs hydrauliques, rien n’a fondamentalement changé depuis les cartes postales du début du siècle dernier.

Et pourtant… En 25 ans, mon village a perdu un quart de sa population et fermé son dernier commerce. Ce constat, factuel, visible au 2/3 de volets fermés lorsque l’on traverse le village, je le déplorais avec mes yeux d’enfant, je ne m’y résous pas avec mes yeux d’adulte. J’en ai fait mon combat, et mon champ de bataille, c’est l’engagement citoyen.


Les habitants sont les tenants des territoires. Ils en sont à la fois la mémoire, ceux qui les font vivre et, non-tenus par le temps court des mandats, sont également les plus légitimes à en construire l’avenir. Ce sont les dénominateurs communs des territoires qui réussissent. Au sein de Ambitions Rurales nous les accompagnons à prendre en main les questions de territoires en suivant trois étapes :

  • Casser les croyances limitantes

  • Mettre tout le monde en ordre de bataille

  • Agir.

Pour faire en sorte que ce qui soit pensable devienne possible, la première étape consiste donc à faire en sorte qu’un maximum de personnes se laissent le droit de penser librement. D’ordinaire, on définit le cadre, on cherche ce qui réalisable, convenable, faisable, envisageable, puis, dans ce cadre contraint, on cherche ce que l’on peut faire. Je pense que ce n’est pas une bonne manière de penser son territoire. Commencer à penser dans un cadre empêche d’aller au-delà.


En 1983, dans le sud-ouest de la France, dans un village de 1400 habitants, un groupe d’habitants se demandaient comment valoriser ce qui se faisait à proximité. Ils avaient la particularité d’être pour la plupart producteurs de piments, une spécificité entre autres très locale, amenée ici trois siècles plus tôt par un conquistador espagnol. Sans s’imposer de cadre, ils conclurent que leur spécificité devait dépasser l’échelle de la région et du pays. Le piment produit dans ce village, plus doux et parfumé qu’un piment habituel, avait sa place sur les tables des plus grands chefs et devait être disponible dans les épiceries fines du monde entier. C’était osé, c’était pensable, restait à savoir comment le rendre possible. Ils s’organisèrent, créèrent une coopérative de producteurs, imposèrent un cahier des charges strict, obtinrent une AOP, firent un important travail de communication, fabriquèrent des produits dérivés et aménagèrent le village pour en faire un lieu d’attraction touristique. Aujourd’hui la filière du piment d’Espelette assure en vente directe 10 millions d’euros de chiffre d’affaires (dont 10% à l’export) et sécurise des centaines d’emplois en local. Pas mal pour un village de 1500 habitants…


Pour décadenasser la pensée, je suis persuadé de l’intérêt de communiquer autour de ces exemples réussis. Ce que l’on voit détermine ce que l’on vise et partager ces exemples comme il en existe tant (Espelette, Parlan, Morteau, Saou, Joigny, Die…) casse les croyances limitantes sur le potentiel de sa région. En se focalisant sur son territoire, ses caractéristiques, sur ce qui ne fonctionnent pas, le risque est de devenir aveugle à tout le reste, d’effectuer une sélection qui élimine toute ambition.


De la même manière que l’utilisation de modèles permet de penser plus librement, l’art peut également être un vecteur qui donne à voir autrement. En démocratisant l’accès à l’art dans les zones rurales, Avenir pour les Artistes propose un nouvel élan, et offre une possibilité nouvelle d’émancipation personnelle et collective.


 

Né dans un village de 350 habitants, Corentin Durix a été confronté très jeune aux problématiques du monde rural. En 2021, il publie un livre "Maman, j'ai quitté la ville" qui souligne le rôle fondamental des campagnes et de l'engagement citoyen pour réussir les grandes transitions de notre époque (écologique, sociale, économique). Passé par Bpifrance, il anime aujourd'hui des ateliers au cœur des territoires, facilite le financement de projets et produit un podcast qui met en avant ceux qui portent des "Ambitions Rurales".



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